Ma vision de l’Ostéopathie

Par définition, l’Ostéopathie est une thérapie manuelle visant à déterminer et à traiter les restrictions de mobilité pouvant affecter l’ensemble des structures qui composent le corps humain (ostéo-articulaires, muscles, fascias, membranes, viscérales etc…).

Mais cette définition fait référence au corps physique/mécanique et s’éloigne du principe de globalité et de la réalité du corps humain. En effet, celui-ci est une machine complexe, c’est une entité physique/mécanique, biochimique, psycho-émotionnelle et énergétique. Impossible de dissocier ces 4 sphères, qui fonctionnent en synergie.

En réponse à un stress (j’entends par là toute action extérieure sur nous-même), qu’il soit positif ou négatif, sur l’une ou plusieurs de ces sphères (physique, biochimique, émotionnelle, énergétique), notre corps va devoir s’adapter. Tant que celui-ci conserve sa capacité élastique (d’adaptation), il signe alors un bon état de santé. J’entends par « élasticité » un retour à la normal. Sinon, notre corps compense et se retrouve dans un déséquilibre fonctionnel. Ce déséquilibre n’entraîne pas forcément de douleur, car notre corps est une formidable machine. Mais à force de compenser, le système mis en place ne permet plus au corps de bien fonctionner, il y a alors un système d’alarme : la douleur, le symptôme ou la maladie.

Les qualités d’un bon ostéopathe

L’ostéopathe, par ses connaissances approfondies sur le corps, son sens de l’écoute et du toucher, son empathie et son humilité, doit donc s’intéresser à l’ensemble de l’être, physique, émotionnel, biochimique et énergétique. C’est parfois difficile pour le patient de comprendre ou d’entendre que son symptôme n’est pas là sans raison et que son origine est souvent plus complexe qu’il n’y paraît. Car une douleur, un symptôme ou une maladie, ont toujours une origine multifactorielle.

Cas concret avec Mme Z

Mme Z, 46 ans, mère de 2 enfants (11 et 9 ans), vivant sa relation de couple de manière tendue et compliquée, travaillant essentiellement assise derrière un bureau et se démenant pour fournir à sa famille une vie saine et équilibrée. Physiquement elle est plutôt en forme (même si elle n’a plus le temps pour ses activités à elle), n’a pas de surpoids, mange équilibré, présente quelques troubles du sommeil et essaye de voir ses ami(e)s régulièrement.

Elle se plaint de douleur de dos chronique et elle a déjà consulté beaucoup d’ostéopathes qui à chaque fois lui remettent tout un tas de choses « en place ». Le problème est que son mal de dos revient sans cesse et elle commence à fatiguer sérieusement. Tous les examens médicaux sont normaux (prise de sang, radio, IRM).

A votre avis, pourquoi Mme Z a mal au dos ? Comprenez-vous le sens d’origine multifactorielle ? Quel est le devoir de l’ostéopathe ?

Pour moi, je sais d’ores et déjà que seul, je n’ai aucune chance de régler son problème. Je dois lui expliquer et lui faire comprendre que nous devons travailler ensemble et que c’est elle qui détient 70% de la solution.

D’abord, pointer les points positifs ! Mme Z est motivée et semble ouverte à ce que j’ai à dire. Elle n’est pas en surpoids, mange équilibré, s’hydrate bien et ne consomme pas de médicaments. Son travaille lui plaît et semble avoir un cercle social satisfaisant.

Puis les points à travailler ! Les journées de Mme Z se résume à se lever, s’occuper de ses enfants, travailler, de nouveau s’occuper de ses enfants et de la maison, faire à manger et s’assoupir devant le début d’une série avant d’aller se coucher. De plus, son couple bat de l’aile, ses sentiments s’estompent et la routine prend place. Le sexe a quasiment disparu de leur vie. Elle n’a plus le temps de pratiquer une activité physique, pourtant elle aimerait bien se mettre au yoga.

Le réel problème de Mme Z c’est qu’elle porte « sur son dos » tout le poids de sa vie de famille et qu’elle ne vit plus, elle survie… Cela parait simple à comprendre lorsque l’on est cet œil extérieur, mais croyez-moi, il est difficile de l’accepter lorsque ça nous concerne nous-même. Sans rentrer dans le détail, car ce n’est pas le but, Mme Z a décidé d’entreprendre une thérapie de couple en parallèle de nos séances d’Ostéopathie. Elle a pu se dégager du temps pour elle et se reconnecter avec son mari. Sur mes conseils, elle pratique quelques exercices (de yoga, de renforcement ciblé, de respiration et de relaxation) tous les jours. Elle ne ressent plus aucune douleur dans le dos.

Ce qu’il faut retenir, c’est que sans son courage, sa motivation et ses actions, mon traitement ostéopathique n’aurait pas tenu et je me serai retrouvé dans une impasse comme mes confrères/consœurs. C’est Mme Z qui a trouvé la clé et choisi d’ouvrir une porte (de remise en question et de travail) qui lui a permis d’évoluer vers la paix, l’équilibre et l’harmonie. Bien sûr, rien n’est définitif, mais maintenant le travail ostéopathique est beaucoup plus simple et efficace.

Mon Ostéopathie

Ma vision de l’Ostéopathie partage beaucoup de points communs avec la médecine chinoise, le tai chi, l’ayurvéda et le yoga. Contrairement à notre médecine occidentale, je préfère agir en préventif, donner au corps tout son potentiel afin qu’il ne tombe pas malade, qu’il ne s’use pas plus que le temps l’oblige, que l’esprit reste sain, dynamique et ouvert.

Le Dr Andrew Taylor Still (père fondateur de l’Ostéopathie) disait : « Le devoir du praticien n’est pas de guérir le malade mais d’ajuster une partie ou l’ensemble du système afin que les fleuves de la vie puissent s’écouler et irriguer les champs desséchés ». Je trouve cette citation très poétique et pourtant si vrai. Là où le sang ne circule plus correctement, là où l’énergie stagne ou est diminuée, là où la mécanique du corps se grippe, là où les toxines s’accumulent, là où l’esprit ne trouve plus la paix, on va retrouver un système déséquilibré, qui avec plus ou moins de temps, va entrainer des symptômes ou maladies plus ou moins sérieuses.

Notre santé

On peut choisir de ne rien faire, de laisser ces déséquilibres s’installer, attendant inéluctablement l’apparition d’un symptôme ou d’une maladie plus ou moins embêtante. Ou bien l’on peut choisir d’entretenir régulièrement la machine.

Attention ! entretenir la machine ne veut pas dire débourser une fortune en soins médicaux et paramédicaux, car le meilleur thérapeute, le meilleur mécanicien, ce n’est pas votre médecin, votre ostéopathe, votre kiné ou votre rebouteux, mais c’est VOUS. Le corps humain, pour bien fonctionner, a besoin de choses simples : une bonne alimentation (je ferai un article rien que sur ça), une bonne hydratation, un bon sommeil, une activité physique régulière, du temps pour se relaxer, s’étirer, s’auto-rééquilibrer, un bon cercle social, un métier qui nous plaît, et bien sûr de l’Amour.

Mais je recommande de se placer sous un œil extérieur de temps en temps, pour faire le point, mettre en lumière ce qui est parfois difficile à voir, et faire une mise à jour sur nos stress engendrés.

En résumé, l’Ostéopathie nous concerne tous et bien qu’elle soit connue pour traiter certaines douleurs (lombalgie, sciatique, torticolis etc…), elle est avant tout une médecine de prévention, holistique (globale), 100% naturelle, permettant de rééquilibrer l’ensemble du corps, bien avant que des symptômes ou des douleurs apparaissent. C’est là tout l’intérêt de l’Ostéopathie.

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